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Témoignages

#Story d’indep : quitter un CDI chez Google pour devenir freelance

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui sautent le pas et deviennent freelance. Alors entre la proposition d’un CDI et opter pour le freelancing, Guillaume Robez nous explique son choix !

Freelance en marketing digital, Guillaume travaille en duo avec un autre indépendant, Fabien Dupuis. Tous deux partagent les mêmes compétences, même si aujourd’hui après 3 ans à travailler ensemble ils ont chacun leur(s) spécialité(s).

Ils aiment se définir comme “des couteaux-suisses du web”.

Tout d’abord, quel est ton parcours ?

GuillaumeRobez

Dans un premier temps, j’ai fait une école de commerce puis un stage en audit, où mis à part l’équipe avec qui j’ai travaillé, je n’ai pas apprécié grand-chose. Mon second stage chez Google m’a convaincu que j’avais envie de travailler chez eux. Cela m'a permis de décrocher ma dernière année dans un master digital en partenariat avec Télécom Paris. J’ai donc commencé chez Google en 2010, dans les équipes commerciales où j’accompagnais les clients du secteur finance sur leurs campagnes Google Ads, en tant qu’analyste.

Après plus de 6 ans chez Google et un changement d’équipe, je me suis retrouvé dans une impasse, avec un job qui ne me plaisait plus vraiment, et peu de perspectives d’évolution. J’ai donc fait ce que je m’étais promis depuis le début : partir pour ne pas rester coincé dans une “prison dorée”.

Pourquoi as-tu choisi de te lancer en freelance ?

Pour être honnête, je ne l’ai pas vraiment choisi. Il s’agit plutôt d’un hasard, d’une opportunité. Un jour, un ancien collègue de chez Google m’a contacté pour me proposer un CDI. N’étant pas encore sûr de ce que je voulais faire, j’ai un peu repoussé le côté “CDI”. Lorsqu’il m’a parlé de “CDD” ou de “freelance”, là j’ai dit pourquoi pas. Et pourtant, je n’y connaissais strictement rien au monde du freelancing à l’époque.

Au même moment, mon associé actuel sur le projet independant.io et “co-freelance” Fabien est parti de chez Google. Il a eu, à quelques jours près, la même proposition venant d’une connaissance à lui. Nous avons alors décidé de travailler avec les deux clients, à condition de pouvoir le faire ensemble, la solitude étant ce qui nous freinait le plus dans la vie d’un freelance.

Comment as-tu eu l’idée de lancer Indépendant.io ?

J’ai accompagné de nombreux acteurs de la finance, dont des comparateurs (mais orientés B2C uniquement), donc j’avais déjà plutôt une bonne vision de ce qui était faisable sur le sujet. Mais, l’idée est venue de notre expérience personnelle lorsqu’on s’est lancé en freelance avec Fabien. Nous avions eu du mal à trouver de l’information fiable et bien présentée concernant les produits et services obligatoires et recommandés pour un freelance.

Et après avoir eu un creux dans notre activité au bout de quelques mois, nous avons décidé de lancer independant.io : un side-project pour apprendre à créer un site, le référencer, et gérer les réseaux sociaux. Des compétences que nous ne connaissions pas à l’époque puisque nous étions surtout des experts de l’acquisition payante.

L’idée était claire, présenter simplement et proprement des informations et des recommandations fiables. Nous avons commencé avec la catégorie du compte bancaire professionnel, qui a été compliquée pour nous, puis nous avons lancé depuis une dizaine de catégories.

Quelles sont les différences entre travailler dans une grande entreprise et en solo ?

Heureusement je ne travaille pas en solo, mais à deux, ce qui fait une énorme différence car j’ai sans cesse quelqu’un avec qui confronter mes idées. Mais, pour répondre, je dirais que je vois deux différences principales entre Google et la vie de Freelance.

Premièrement je suis beaucoup plus efficace en freelance, car la perte de temps “productif” était très grande chez Google (beaucoup de réunions, beaucoup d’interlocuteurs sur tous les sujets). Alors qu’en freelancing j’ai moins d’émulation et je dois m’imposer un rythme de travail strict et être proactif pour continuer à me former.

Que signifie être indépendant pour toi ?

Pouvoir partir pêcher sur un coup de tête, parce qu’il fait beau ! Mais aussi être un peu seul face à de nombreux sujets administratifs, fiscaux, sociaux...

Comment as-tu trouvé tes premiers clients ?

Nous les avons trouvés essentiellement grâce à notre réseau proche mais également par le bouche-à-oreille. Le reste nous a approchés directement sur les réseaux sociaux.

Quelle est la chose que tu préfères dans ton activité ?

Toujours pouvoir partir pêcher sur un coup de tête, parce qu’il fait beau ! La liberté du freelance est sans doute ce que je préfère le plus.

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui hésitent à se lancer en freelance ?

Mon conseil principal est de bien se préparer avant de se lancer. Pour ceux qui le peuvent, n’hésitez pas à tester le freelancing en parallèle de votre activité. C’est une bonne manière de tester votre offre et vos compétences à moindre risque.

Pour le reste de la préparation, ne négligez pas l’étape des projections financières. Sans aller jusqu’à faire un business plan détaillé, posez-vous les questions suivantes : - Quel est le salaire que vous attendez dans 6 mois / 1 an ? - Quel est votre niveau de dépenses mensuelles ? - Quelles vont être les dépenses liées à votre activité ? - Quelles sont les aides financières auxquelles vous avez droit ? - Quel statut juridique envisager ?

Ces questions seront cruciales pour définir votre TJM.

Selon toi, comment un freelance peut définir son offre tarifaire ?

Difficile de donner une recommandation précise qui conviendra à tous les métiers, car selon les dépenses de chacun, le temps de disponibilité, la longueur des missions, le temps d’avant vente… le TJM à fixer pour atteindre le même niveau de revenu peut énormément varier. Ceci dit, voici quelques conseils sur tous les éléments à prendre en compte pour fixer vos tarifs.

Tenez compte du temps “non facturé” voire “non facturable”. Entre l’avant-vente, la gestion, le réseautage… on estime souvent qu’un freelance ne peut raisonnablement facturer qu’entre 12 et 16 jours par mois. Certains arrivent à faire plus, mais si vous partez sur un calcul du style 22 jours ouvrés par mois x 12 mois pour fixer votre TJM, vous risquez d’être déçu par votre revenu à la fin de l’année.

Ne négligez pas non plus les charges (comptabilité, formation, veille, outils, retraite, assurance…). Même si la marge d’un freelance est souvent élevée, elle n’est pas de 100%.

Prévoyez une marge pour tout ce qui est imprévu. En tant que freelance, vous n’avez ni congés payés, ni droits au chômage la plupart du temps, ni vraiment de couverture en cas de pépin de santé. Votre TJM doit tenir compte de ces risques qu’un salarié n’a pas.

Enfin, je vous conseille de ne pas trop regarder les TJM des autres freelances qu’on peut voir ici ou là avant de définir le vôtre. Le risque est de vous mettre des barrières en fonction des autres et pas de la réalité de vos besoins.

À-ton avis, quelles sont les qualités indispensables d’un freelance ?

En dehors des compétences “techniques” propres à chaque métier, je considère qu’un freelance a plus de chances de réussir que la moyenne lorsqu’il : - sait se vendre ; - sait gérer une entreprise (impôts, comptabilité…) ; - est capable de s’organiser efficacement seul ; - est rigoureux et autonome.

Évidemment tout s’apprend, mais penser qu’être bon dans sa spécialité ou son métier suffit pour devenir freelance est, je pense, l’une des erreurs les plus courantes. J’ai tendance également à penser qu’être indépendant c’est aussi être entrepreneur (ce qui fait parfois débat).

Si tu devais partager une anecdote sur ton parcours freelance, laquelle serait-elle ?

Fabien et moi avons pris l’habitude de prendre toutes les demandes entrantes, quitte à perdre 15-30 minutes au téléphone avec des prospects dont nous savions pertinemment qu’ils ne deviendraient pas clients. Cette approche, qui consiste à donner quelques conseils et expliquer pourquoi nous n’étions pas les plus adaptés (souvent une question de taille de projet compte tenu de nos tarifs), nous a permis d’être recommandée par un prospect avec qui nous n’avons jamais travaillé !

Cela montre à quel point il peut valoir le coup de “perdre son temps” lorsqu’on est freelance, car être recommandé par un prospect et non des clients ou des connaissances n’est pas banal !